JULIA MIGENES, Biographie


"Hollywood Divas"
- Nouvel Album & Spectacle -

Pour Julia Migenes, Hollywood est à la fois un mythe commun à toute l'humanité et une partie de sa vie. Citoyenne de Los Angeles, elle habite une maison de star construite par un ancien acteur de muet devenu architecte et hantée, pense-t-elle très sérieusement, par le fantôme de l'actrice Tallulah Bankhead, qui était l'amie intime de Billie Holyday et de Zelda Fitzgerald. A deux pas se trouve le premier appartement de Marilyn, l'ultime demeure Orson Welles et l'ancienne villa d'Errol Flynn.

L'âge d'or d'Hollywood reste un idéal toujours vivace dans la mémoire universelle. Chaque année, une femme en noir dépose une rose sur la tombe de Valentino. Gilda n'en finit pas de faire chavirer les cœurs et le sourire de Cary Grant flotte comme un paradis perdu. La comédie musicale américaine n'a rien perdu de sa fascination sur le public. Univers de magie et de perfection, elle attirait les plus grands artistes du monde prêts à se fondre dans cette mirifique utopie. Des compositeurs de génie comme Erich Korngold (le protégé de Gustav Mahler), Max Steiner (élève de Richard Strauss), Gershwin (adulé par Ravel) ont mis leur art au service de la plus fantastique usine à rêves de l'histoire du spectacle. "Je veux bien monter cet escalier à condition d'être portée par Max Steiner" exigeait avec humour Bette Davis.

Julia Migenes est de cette race de caméléons magnifiques, ultra virtuoses, mais capables de traverser tous les genres, de se fondre à tous les univers. Repérée à onze ans par Leonard Bernstein, elle a débuté dans la Lulu de Berg au Metropolitan Opera de New York, rôle si difficile que même Natalie Dessay a déclaré forfait en se penchant dans la partition. Elle a aussi incarné de manière inoubliable la Salomé de Richard Strauss pour Maurice Béjart et marqué à jamais la Carmen de Bizet au cinéma. Dotée d'une nature peu commune, qui la pousse jusqu'au bout de ses passions, Julia Migenes est non seulement une instinctive, mais aussi une travailleuse acharnée, une chanteuse sans limites, une musicienne absolue comme l'étaient Lili Lehmann ou Maria Callas en leur temps. Cherchant sans relâche la couleur exacte de chaque note, la vérité du sentiment et le sens profond de chaque mot. "La ligne mélodique, ça respire avec le mot. On doit chanter comme on parle" assure Julia. Au commencement était le verbe. La musique n'est que le doigt de Dieu qui se pose sur celui d'Adam, donnant la transcendance aux choses humaines.

Hollywood Diva est un projet artisanal à la hauteur du miracle hollywoodien, pas un disque en série fait à la va-vite. La direction artistique a été confiée au compositeur et arrangeur de cinéma Christophe Julien. Un musicien ouvert, cultivé, moderne, selon Julia. Ils ont d'abord travaillé plusieurs jours dans un grand studio de Los Angeles. Enflammé par la personnalité de la chanteuse, Christophe Julien n'a pas limité sa créativité. Tout en l'accompagnant au piano ou à la guitare, il rêvait à un habillage de cordes, une guirlande de percussions, sans se priver d'une touche de couleur au saxophone ou au bandonéon. Au moment du mixage, il suggérait encore à Julia une coulée de violoncelle pour exalter le lyrisme d'un passage. De son côté, la chanteuse lui a fait écouter des musiques de Michael Kamen (le compositeur de The Wall, Brazil, L'arme fatale) pour l'inspirer.

C'est en actrice que Julia Migenes a donné chair à chaque morceau. "Je me perds dans le personnage et la caractérisation vocale vient toute seule. Quand je chante Lola, je suis en elle." Julia Migenes a exploré toute la palette vocale comme autant de nuances émotionnelles. Dès le début, elle a imaginé le projet physiquement, pensant déjà au spectacle, prévoyant ici un numéro de claquettes, là une envolée chorégraphique.

Les deux complices se sont retrouvés à Paris. "On a répété avec une guitare dans la salle de bains de mon hôtel où la qualité du silence et le retour acoustique étaient idéals" se souvient Julia en riant. L'enregistrement a eu lieu au studio du boulevard Davout à Paris, bien connu des Lalo Schiffrin, Michel Legrand, Sting ou autre Prince. Les séances se sont déroulées sur pas moins de dix jours en présence des musiciens. Du cousu main à l'ancienne car généralement, les chanteurs posent leur voix sur une bande instrumentale réalisée à part.

"On n'en produit plus des disques comme Hollywood Diva" estime Christophe Julien. Pour Julia, ce qui paraît exceptionnel lui est tout simplement vital : "A chaque projet, je m'arrête de vivre. Si l'on n'est pas obsédé jour et nuit par ce qu'on fait, ça ne marche pas. Ce n'est pas de l'art." Les grands d'Hollywood ne travaillaient pas autrement.

Olivier Bellamy


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"Julia Migenes chante Schubert"
Mise en scène & Textes joués par Philippe Calvario - Piano: Edouard Ferlet

Après Angels in America au Châtelet et Alter Ego en tournée mondiale, Julia Migenes et Philippe Calvario, accompagnés d'Edouard Ferlet au piano, plongent avec délice dans l'univers de Schubert.

Il nous a laissé environ 600 lieder… qui sont presque autant de chefs d'œuvres, portant à sa perfection un genre musical que personne avant lui n'avait exploité !

Ce recours à la poésie - il a fait appel à une centaine de poètes - était à la fois une délivrance et un refuge pour ce compositeur pudique, habité par de douloureuses remises en question. Aucun mot à mot avec les poèmes : c'est une sorte de sentiment poétique général qui régissait son inspiration musicale, sans compromission intellectuelle.

En 2007, le monde de la musique et radio classique élisent, après un sondage, le trio numéro 2 pour piano et violoncelle de Schubert comme l'œuvre musicale classique préférée des Français.

De quoi est fait le mystère de la musique de Schubert ?
Et puis pourquoi a-t-il fallu attendre notre époque pour qu'elle devienne en phase avec l'auditeur ? à travers sa correspondance et ses sublimes lieder nous découvrons une partie du "mystère Schubert" : ses ambitions frustrées, ses désirs envolés qui ont facilement trouvés leur place chez un être naturellement porté vers une approche pessimiste de la vie. À travers son œuvre et ses écrits, c'est toute la complexité d'un artiste, d'un génie que nous allons tenter de toucher du doigt dans ce spectacle.

En 1823, Schubert se sait condamné par la syphilis ; il peut alors écrire jusqu'à 140 lieder, deux symphonies et quatre singspiele en une année. Et pourtant il n'arrive jamais à atteindre le bonheur ; Il est constamment insatisfait ; n'arrivant jamais à égaler, selon lui, le génie de Beethoven. Les critiques musicales à son égard sont presque toujours très féroces et pourtant sa foi en la musique ne s'éteint jamais. Il écrit : "une douleur trop vive me ronge sans pitié, voilà ce qu'il reste de ma force. À toi seul, o art sacré t'est donné encore d'apaiser un peu cette douleur lancinante".

Sur scène, Julia Migenes et Philippe Calvario se retrouvent une nouvelle fois (après Angels in America au châtelet et Alter Ego en tournée), cette fois ci, ils partagent le plateau en compagnie d'Edouard Ferlet, pianiste, qui accompagnera leurs rêveries autour de cet artiste majeur.

À travers l'œuvre musicale et la correspondance de Schubert, c'est le destin de tout l'artiste qui s'écrit.

Et à travers cet artiste génial et maudit à la fois, c'est le destin de tout homme qu'on va sans doute entrevoir dans ce spectacle.


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Biographie

Julia Migenes est née dans le Lower East Side de New York, de mère portoricaine et de père grec. Elle passe une enfance difficile et violente pendant laquelle elle aura cependant la révélation de sa vocation : engagée, à l'âge de 3 ans, pour remplacer au pied levé l'enfant de Madame Butterfly, elle se souvient encore de l'émotion vive, proche de l'effroi qui la saisit lorsque, seule en scène, l'orchestre, invisible dans la fosse devant elle, se met à entonner ses accords puissants. Une émotion qui trace définitivement le chemin de sa destinée.

Quelques années plus tard, alors qu'elle est élève au Lycée d'Art et de Musique de Manhattan, Leonard Bernstein la remarque et l'engage comme soliste dans le cadre de ses Young People's Concert.

Julia Migenes entame alors une carrière à Broadway : elle fait partie de la distribution originale de Fiddler on the roof aux côtés de Zero Mostel. Elle incarne Maria dans West Side Story. Elle chante la première création de The Saint of Bleaker Street, un opéra de Menotti.

S'ensuit son départ pour l'Autriche, engagée pour interpréter Maria dans West Side Story, et le début d'une carrière au Volksoper de Vienne, ainsi que dans tous les pays germanophones. Elle interprète pendant sept ans les plus grands rôles du répertoire, monte régulièrement sur scène dans ses propres shows musicaux, participe à de nombreux programmes télévisuels certains étant même écrits spécialement pour elle. Elle remporte le Prix de l'interprète d'Opéra la plus populaire, et l'année suivante le prix de l'Artiste de variété la plus populaire. Décernés sur un vote du public, ces prix concernent l'ensemble des pays germanophones.

Repérée par le Met, alors qu'elle interprète Musette, La Bohème, à San Francisco, Julia Migenes est engagée pour trois productions et accepte d'être la doublure de Teresa Stratas dans Lulu d'Alban Berg. Elle remplacera au pied levé l'artiste souffrante le soir où cette production est diffusée en direct à la télé. Elle est acclamée, ovationnée pour ce rôle dans lequel elle donne la pleine mesure de son talent. Non seulement elle chante à la perfection cette partition particulièrement difficile mais elle manifeste une aisance de jeu telle que sa Lulu est encore dans les mémoires.

On en parle jusqu'en Europe où Maurice Béjart est en quête de l'impossible : il doit mettre en scène Salomé à Genève et cherche la perle rare : une cantatrice sachant danser... Bref, il n'y en a qu'une : elle s'appelle Julia Migenes et marquera Maurice Béjart au point de la comparer, encore des années après, à ses plus grandes danseuses.

Alors qu'elle répète Salomé, le réalisateur Italien Francesco Rosi prépare le tournage de Carmen. Il cherche désespérément l'oiseau rare, lui aussi : une chanteuse lyrique sachant danser, certes, mais qui soit avant tout une comédienne suffisamment sensuelle et pulpeuse pour incarner la brûlure de la passion... Et voilà Julia Migenes propulsée devant les caméras dans un film devenu depuis une référence incontournable du genre opéra filmé. Si la bande originale vaut à Julia Migenes un Grammy Award, son interprétation lui attire une notoriété mondiale et lui ouvre les portes des plus grandes scènes du monde : La Voix Humaine à Monte Carlo, Manon à Convent Garden, Tosca à Earl's Court...

A ce jour, Julia Migenes a enregistré plus de quarante disques. Parmi les derniers enregistrements, citons : "Vienna", sous la direction de Lalo Schifrin, disque d'or six mois après sa parution ; en 1996, "Man of la Mancha", "L'homme de la Mancha"), direction et arrangements Paul Gemignani, avec Placido Domingo, Samuel Ramey, Mandy Patinkin ; en 1999, "Robert Stolz" et "The music of Franz Lehar" pour la BBC et, en 2000, "Catarina Cornaro" de Donizetti, "La Argentina" sur le répertoire de Piazzolla sorti en 2004.

A partir de 1998, Julia Migenes devient l'auteur de ses propres spectacles. Elle écrit "Diva au bord de la crise de nerfs", un One Woman Show chanté dans lequel elle brocarde et tourne en dérision l'opéra. En 1999 et 2000, Julia Migenes donne ce spectacle en français, à Paris et dans toute l'Europe francophone. Par la suite, ce spectacle existera dans sa version anglaise, à Londres, New York, Los Angeles... Mexico.

En 2000, Julia Migenes est à l'affiche de "Les Sept péchés capitaux" et de "Happy End" à la Zarzuela de Madrid.

En 2001, Julia Migenes crée "Passions Latines" : un spectacle chanté et chorégraphié, ans lequel elle rend hommage à ses racines latines : de Granados, Villa Lobos à la salsa la plus caliente … (ce spectacle est à l'affiche de l'Olympia de Paris en mars 2002). Pendant tout le mois de novembre 2001, "Diva au bord de la crise de nerfs", "Diva on the verge" dans sa version anglaise, est présenté à l'Odyssée Theatre de Los Angeles.

En janvier 2002, Julia Migenes accompagne Placido Domingo à l'Opéra de Los Angeles, dans un spectacle évoquant la Zarzuela.

En mars 2002, elle est sur la scène du Theater Artaud de San Francisco pour la première création de "The difficulty of crossing a field", un opéra contemporain, aux côtés du Kronos Quartet.

En Juillet 2002, Julia Migenes présente son spectacle "Passions Latines" sur les scènes des festivals les plus importants d'Europe. Elle fait une halte remarquée au Festival d'Avignon, cour d'honneur du Palais des Papes, pour une nuit de tango exceptionnelle. Ce spectacle "La Argentina" remporte un vif succès à l'affiche du Théâtre Musical de Paris Châlelet, en novembre 2003, et donne lieu à une grande tournée internationale.

En Juin 2003, elle est invitée par le Festival de Musique Sacrée de Fès où elle crée un récital de chants sacrés.

En 2004, Julia Migenes est l'une des protagonistes, aux côtés de Barbara Hendricks, du nouvel opéra de Peter Eötvös "Angels in America" (d'après le la pièce de Tony Kushner) dans une mise en scène de Philippe Calvario et une scénographie de Richard Peduzzi au Théâtre Musical de Paris Châlelet.

2005, c'est pour Julia Migenes l'enregistrement d'un nouvel album consacré au Jazz (sortie début 2006), les premières répétitions du Pierrot Lunaire (A.Schönberg) que Hans Peter Cloos mettra en scène à New York début 2006, et une nouvelle collaboration avec Philippe Calvario pour "Alter Ego", un récital présenté sur scène en 2006.

En 2006, est sortie également aux Editions du Rocher la première biographie de l'artiste : "Mémoires d'un oiseau rebelle". Côté scène, Julia a présenté sur la scène du Châtelet en novembre 2006 pour présenter "Alter Ego" dans une mise en scène de Philippe Calvario.

Pour sa 7ème édition, les Opéras en Plein Air ont confié en 2007 la mise en scène du Barbier de Séville de Gioachino Rossini à Julia Migenes avec une série de représentations dans des lieux tels que le Jardin du Sénat ou encore le château de Champ de Bataille à Evreux ou le château de Vaux le Vicomte.

Après une tournée de récitals classiques en novembre 2007 pour laquelle elle fut accompagnée de Janine Reiss (coach vocal de Maria Callas pendant de nombreuses années mais aussi de Julia Migenes sur le film "Carmen"), elle crée aussi pour 2008 "L'Heure Espagnole" à Clermont-Ferrand et travaille sur un spectacle thématique sur Schubert.

En Juillet 2008, Julia Migenes donne un concert triomphal aux cotés de Placido Domingo et de l'Orchestre National du Caire au Jordan Festival d'Amman.

En 2009, Julia Migenes sort un album consacré aux divas d'Hollywood.





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