"Tutto Dante en France – en accord avec Arcobaleno Tre"

Biographie

Acteur, réalisateur et écrivain, au théâtre et au cinéma. Né à Misericordia (Arezzo) le 27 octobre 1952.

Roberto Benigni est certainement l'une des plus grandes icônes du paysage italien. Né dans la province d'Arezzo, il part vivre, encore très jeune, à Vergaio, près de Prato, où il suit ses études au pôle technique et commercial Datini. En 1972, il fait ses débuts au Théâtre Metastasio avec "Il ré è nudo" d'Evgenij Schwarz. A Florence, il fait la connaissance de Donato Sannini et de Carlo Monni, qui le poussent vers des formes de spectacle de rue.

A l'automne 1972, il part vivre à Rome et fait ses premières armes pendant trois ans au théâtre expérimental, en collaborant notamment avec Lucia Poli dans la compagnie Beat '72 au Théâtre des Satiri et au Théâtre San Genesio, en participant à différents spectacles ("I Burosauri", 1972 ; "La contessa e il cavaliere" de Mario Moretti, 1973 ; "Bertoldo azzurro" de Marco Messeri, 1973 ; "Le metamorfosi" de Ovidio, 1974 ; "La corte delle stelle" de Franz Kroetz, 1974 ; "Mi voglio rovinare" de Marco Messeri, 1974 ; "La festa" de Lucia Poli, 1975, "Il mito della caverna" de Donato Sannini, 1975), en assurant même la mise en scène pour certaines de ces pièces. Il participe également à un feuilleton télévisé : "Le sorelle Materassi" (1972).

Le succès arrive avec le personnage de Mario Cioni, créé avec Giuseppe Bertolucci et présenté grâce à lui au public à l'Alberichino (le théâtre le plus "off" de l'époque) avec le monologue "Cioni Mario di Gaspare fu Giulia". En 1977, il revient à la télévision avec "Onda libera" (à l'origine "Televacca") et "Vita da Cioni". Il s'agit toujours du même personnage de Cioni, paysan qui, de sa campagne natale, va littéralement anéantir la télévision, avec sa langue bien pendue aux accents prolétaires, le tout sur fond sexuel. Quatre épisodes seulement et de nombreuses polémiques, sur la vague desquelles Bertolucci lui-même traîne le personnage de Cioni jusqu'au cinéma, dans un film pour le moins polémique : "Berlinguer ti voglio bene" (1977). Cette fois-ci, le paysan Cioni pense échapper aux soucis de la vie grâce à la révolution qui incarne justement l'esprit du secrétaire du PCI, Enrico Berlinguer. L'image du premier Benigni se forme donc sous l'aspect d'un personnage inconfortable et rebelle, de niche, redouté par les uns, adulé par les autres, imprévisible et toujours capable de surprendre.

C'est à cette époque que remonte la photo de Benigni portant à bras Enrico Berlinguer, politicien ô combien sérieux, lors d'une manifestation publique du Parti Communiste.

Il provoque un nouveau choc au Festival de San Remo en 1980, pendant lequel il embrasse fougueusement la présentatrice Olimpia Carlisi et donne au Pape Jean-Paul II le surnom de "Wojtilaccio". Son ascension vers la consécration commence lors de sa participation, en sa qualité de critique cinématographique, dans le programme "L'altra domenica" de Renzo Arbore et avec son interprétation du révolutionnaire instituteur Roberto, dans "Chiedo asilo", de Marco Ferreri (1980). Le réalisateur Renzo Arbore le veut dans "Il Pap'occhio" (1980), film saisi par la censure et redistribué uniquement dix-huit ans plus tard, et "F.F.S.S., cioè che mi hai portato a fare sopra Posillipo se non mi vuoi più bene" (1983). Une fois encore, la censure s'en mêle, avec également une plainte (sans doute attendue) de Fellini (qui, dans le film, perd le scénario en le faisant tomber entre les mains des deux napolitains protagonistes), ce qui accroît la popularité du film et incite Benigni à lancer sa première réalisation : "Tu mi turbi" (1983).

Il s'agit d'un film en quatre épisodes où, d'une façon ou d'une autre, il est toujours question de Dieu. La rencontre/rêve et la perte d'un ange tombé amoureux du Créateur ("Angelo"), une prosopopée sur fond religieux dans sa tentative d'extorquer un prêt à une banque ("In banca"), un tour de garde à l'Autel de la Patrie qui finit par impliquer les deux soldats dans l'explication de l'existence de Dieu ("I due militi), tandis que dans "Durante Cristo", Benigni est un berger qui doit faire office de nounou au petit Jésus. Outre les gags du Bambino, qui ne peut pas s'empêcher d'accomplir des miracles "maisons", se cache, parmi les inflexions d'un monologue qui va du comique au poétique, l'amour de Benigni pour la Vierge Marie, heureuse malgré tout dans son "mariage particulier" avec Joseph. C'est ici que Roberto Benigni fait la connaissance de Nicoletta Braschi (elle incarne la Vierge Marie dans le film), sa future femme et unique actrice/muse pour tous les personnages féminins protagonistes de ses films suivants.

S'ensuit en 1984 le succès, comme pour sa première oeuvre, surtout auprès du public, du film "Non ci resta che piangere", où Benigni tourne aux côtés de Massimo Troisi. Une amitié artistique qui ne se concrétisera qu'en de rares occasions, même si les fruits de cette première tentative feront école pour toute la génération suivante de comiques italiens.

En 1986, il travaille de nouveau avec Bertolucci, en portant dans la rue le spectacle satirique "Tuttobenigni (dal vivo)".

Entre 1986 et 1991, il tourne trois films aux Etats-Unis avec Jim Jarmusch ("Daunbailò", "Coffee and cigarettes" et "Night on Earth - Taxisti di notte"), qui marqueront le début d'une intense amitié et d'une collaboration active avec l'acteur/musicien Tom Waits, mais aussi le premier chemin vers la renommée internationale. Ces trois films deviennent des incontournables pour le public de cinéphiles international.

En 1989, Fellini met en lumière le nom de Benigni en faisant appel à l'acteur toscan pour interpréter sa dernière oeuvre, "La voce della luna", manège onirique aux accents enfouis (Grimmi). Après sa collaboration avec Fellini, puis celle avec Blake Edwards dans le rôle du fils de l'inspecteur Clouseau pour "Le fils de la Panthère Rose" (1993), débute une nouvelle collaboration avec Vincenzo Cerami, qui engendrera quatre films : "Petit diable" (1988), "Johnny Stecchino" (1991), "Le monstre" (1994) et surtout "La vie est belle"(1997). Benigni et Cerami marient à la perfection comique et poésie, registres dans lesquels ils sont passés maîtres. La légèreté et les bons sentiments, la sincérité humaine et l'émerveillement des enfants se reflètent à travers des personnages simples, à la limite du féérique, et qui vont faire face à des drames et autres imprévus, parfois insignifiants, parfois insurmontables. "La vie est belle", parabole du "chemin du rêve et du jeu" nécessaire pour surmonter l'horreur de l'holocauste, émeut aussi bien le public que la critique, ce qui lui vaut neuf nominations (dont celle du meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scénario original) et trois Oscars (meilleure musique pour Nicola Piovani, meilleur film étranger et meilleur acteur). Quand Sophia Loren prononce son nom, Benigni traverse le plateau en marchant sur les fauteuils, au milieu des têtes des spectateurs puis en remerciant le public dans un anglais à la Cioni qui ravit les Américains.

Après avoir été choisi en 1999 par Claude Zidi pour un rôle d'antagoniste dans "Astérix et Obélix contre César" et refusé le rôle principal dans "Parle avec elle" d'Almodovar, Benigni revient à la réalisation en 2002 en concrétisant l'un de ses rêves : un hommage à Carlo Collodi, avec "Pinocchio". Le film, risqué de par ce mélange de budget pour moitié américain (qui donne lieu à des effets spéciaux souvent excessifs) est jugé trop enfantin, et n'obtient pas le succès escompté, le public et la critique restant partagés entre polémique et éloges.

Sa dernière oeuvre cinématographique est de nouveau imaginée et écrite en compagnie de Vincenzo Cerami. "Le tigre et la neige" raconte l'histoire d'Attilio qui, par amour pour Vittoria, est disposé à la suivre jusqu'en Irak, alors en guerre, pour la sauver. Tout le sens de la vie, selon Benigni, entre poésie et sourire. Sa marque de fabrique est couronnée de succès, notamment lorsque Roberto Benigni est nommé Chevalier de la Grande Croix, Ordre du Mérite de la République Italienne, et reçoit de nombreuses récompenses "honoris causa" en provenance de différentes universités italiennes et étrangères, notamment pour la recherche menée sur son auteur littéraire préféré : Dante Alighieri. En 2005, il débute à Florence avec "Tutto Dante", en subjuguant les plateaux avec les chants de la Divine Comédie, souvent récités de mémoire, cette mémoire d'éléphant qui caractérise l'acteur toscan et qui, ironie du sort, a toujours symbolisé Dante en personne.





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