Dans La Douleur de Marguerite Duras. Mise en scène Patrice Chéreau, Thierry Thieu Niang. Tournée à l'étranger: Automne 2012 | www.visiteursdusoir.com








"LA DOULEUR" de Marguerite Duras
Mis en scène par Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang

La dernière guerre, Marguerite Duras l'a vécue tout à la fois comme femme dont le mari avait été déporté, comme résistante, mais aussi, comme écrivain. Lucide, étonnée, désespérée parfois, elle a, pendant ces années, tenu un journal, écrit des textes que lui inspirait tout ce qu'elle voyait, ce qu'elle vivait, les gens qu'elle rencontrait ou affrontait. Ce sont ces récits et des extraits de son journal, que Marguerite Duras a réunis sous le titre La Douleur.
La Douleur est un récit autobiographique, le journal de l'absence éprouvante, de l'attente chargée de menaces, de la peur atroce, écrasante, du désespoir, de la honte de vivre en attendant le retour de Robert Antelme (Robert L. dans le texte), son mari, déporté dans un camp allemand. Elle ignore en cet avril 45, printemps de la Libération, s'il est toujours vivant. Errante dans une ville assommée, courant de bureau en bureau, maudissant son téléphone, ne mangeant plus, ne dormant plus, elle attend, elle guette, elle cherche le moindre signe d'espoir. La guerre continue en elle alors qu'alentour la joie de la Libération s'extériorise. Son groupe de résistants se réorganise pour encadrer le retour de ceux qui en revienne. Lui aussi en reviendra, dans un corps où la vie n'a plus de poids.
Avec la complicité de Thierry Thieû Niang, Patrice Chéreau met en scène l'une de ses actrices fétiches, la saisissante Dominique Blanc. Elle interprète l'un des textes les plus troublants de la littérature d'après-guerre : le journal de Marguerite Duras, dans lequel elle consigne sa vie après la libération de Paris et l'attente du retour de son mari, prisonnier des camps. Dominique Blanc fait résonner, jusque dans ses silences, ses soupirs, la simplicité et l'intensité de l'écriture durassienne.


BIOGRAPHIES

Dominique Blanc
C'est au cours Florent dans la classe de Pierre Romans que Patrice Chéreau remarque Dominique Blanc et lui propose un petit rôle dans la pièce "Peer Gynt" de Henrik Ibsen. Ils travailleront ensemble à de nombreuses reprises, tant au cinéma qu'au théâtre, avec "Les Paravents", "Phèdre", ou tout dernièrement "La Douleur".
Au théâtre, Dominique Blanc a également joué sous la direction de Luc Bondy, Jean-Pierre Vincent, Antoine Vitez, mais aussi de Déborah Warner, avec " Une maison de poupée ", pièce pour laquelle elle a obtenu le " Molière de la meilleure comédienne " en 1999.
Parallèlement, Dominique Blanc a tenu de nombreux rôles au cinéma, sous la direction des plus grands réalisateurs, Claude Chabrol, Claude Sautet, Louis Malle, Régis Wargnier, Bertrand Blier, James Ivory, Lucas Belvaux, Michel Piccoli ou Amos Gitaï. Ses interprétations dans "Stand By" de Roch Stephanik et dans "L'Autre" de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic lui ont valu respectivement le "César de la meilleure comédienne" en 2001 et la "Coupe Volpi" au Festival de Venise en 2008. On la retrouvera prochainement dans "Signé Dumas" de Safy Nebbou, avec Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde.
A la télévision, Dominique Blanc a travaillé notamment avec Nina Companeez ("L'Allée du roi"), Claire Devers ("La voleuse de Saint-Lubin"), Jacques Fansten ("Sur quel pied danser ?") ou Laurent Heynemann ("Un homme d'honneur").

Patrice Chéreau
Né en 1944, Patrice Chéreau passe son enfance à Paris avec deux parents peintres qui lui transmettent très jeune le goût des arts. En 1966, il prend la direction du Théâtre de Sartrouville, où il monte des pièces impliquées politiquement. Après avoir acquis une réputation internationale, jouant les plus grands auteurs classiques, il sort son premier long métrage, "La Chair de l'orchidée", en 1974. Entre théâtralité et réalisme, ses films reflètent sa personnalité, mais aussi une intensité des relations toujours présente. A partir de 1983, il dirige pendant huit ans le Théâtre des Amandiers à Nanterre. C'est en 1994 avec "La Reine Margot", vaste fresque théâtrale mettant en scène Isabelle Adjani, Daniel Auteuil et Jean-Hugues Anglade, qu'il rencontre un véritable succès public. Il revient ensuite à des films plus intimistes, comme "Ceux qui m'aiment prendront le train" (1998), "Intimité" (2001), "Son frère" - Ours d'argent à Berlin en 2003 - ou encore "Gabrielle", sélectionné au Festival de Venise en 2005 et dans lequel il dirige Isabelle Huppert. La même année, il propose une version très personnelle du célèbre "Cosi fan tutte" de Mozart. Réalisateur et metteur en scène inspiré, Patrice Chéreau signe des oeuvres organiques, au chaos parfaitement orchestré.

Thierry Thieu Niang
Thierry Niang rassemble une équipe artistique mêlant professionnels et amateurs, enfants et adultes autour de projets - danse, musique, arts visuels, philosophie et littérature - questionnant la thématique du"Territoire du Corps"et du"Corps du Territoire"à travers réflexions et actions, créations et transmissions pour un travail de sensibilisation à l'art et à la culture chorégraphique contemporaine.
Cette saison il crée "Au Bois Dormant" avec Marie Desplechin, écrivain et Benjamin Dupé, musicien à partir d'un travail auprès d'adolescents autistes.
Il prépare aussi un duo avec Catherine Germain/ Arletti "UN AMOUR" sous les regards de François Cervantes, François Rancillac, Laurent Frechuret et autres invités pour l'été 09 et met en scène la lecture de "COMA" de Pierre Guyotat par Patrice Chéreau au Théâtre de l'Odéon à Paris.
Collaborateur des dernières créations de François Cervantes ("Une île et le dernier quatuor d'un homme sourd") et de Nathalie Richard et Elina Lowensöhn pour "Drames de Princesses" de Elfride Jelinek à Marseille, il co-signe également la mise en scène de "LA DOULEUR" avec Patrice Chéreau.


NOTE D'INTENTION

Envie d'abord de retravailler avec Dominique Blanc, envie de partager quelque chose, de faire exister ce quelque chose.
Envie alors de se confronter à ce texte terrible. De se ressouvenir de ça : la Résistance, la Libération, les camps, cette période impensable et qu'on a oubliée. Et puis le retour incroyable de cet homme dont Marguerite Duras s'est séparée et qu'elle aime, l'horreur de l'attente, la splendeur de sa résurrection à lui - qui est aussi un peu son œuvre à elle.
L'espoir fou.
Transmettre tout cela, humblement, à des spectateurs.
Patrice Chéreau


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