CARLA BRUNI

Nouvel album « French Touch » disponible (Barclay / Universal Music) – Représentation uniquement pour l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, le Liban, Isräel et l’Autriche

BIO

« Avez-vous déjà songé à chanter en anglais ? » C’était au printemps 2014, après un concert qu’elle venait de donner à Los Angeles. David Foster, le compositeur, arrangeur et producteur aux seize Grammy Awards, avait innocemment posé la question à Carla Bruni. Chanter en anglais ? Mais Carla Bruni l’avait déjà fait sur son deuxième album, No Promises (2005), en mettant en musique des vers de Dorothy Parker et autres poétesses anglo-saxonnes à l’aura romantique. Pour la songwriteuse, l’interrogation portait plutôt sur sa légitimité à écrire dans la langue de Lou Reed. David Foster insista alors : « Pourquoi ne pas enregistrer un album de reprises ? » « J’aimerais le produire ; ce serait formidable pour notre territoire », poursuivit l’homme aux doigts d’or, également à l’époque président de Verve — le label américain de la chanteuse française.

L’album que l’on découvre aujourd’hui reste étonnamment fidèle à ce désir liminaire. De la chanson d’ouverture Enjoy the Silence (1990), du groupe à synthés Depeche Mode, revisitée comme une folksong, à la reprise du quatuor suédois Abba The Winner Takes It All (1980), ravivant le brillant harmonique de cette complainte hautement mélancolique sous un vernis disco, chacune de ces madeleines de Proust a épousé l’empreinte de la musicienne. Ses libertés se sont engagées à revisiter le classique des Rolling Stones, Miss You (1978) dans une veine disco latino-italienne agrémentée d’une guitare flamenca et de cordes orientalisantes ou d’aborder le succès Jimmy Jazz des Clash (1979) comme une marche New Orleans quand la perfect song qu’est Perfect Day (1972) du New-Yorkais Lou Reed ne devenait pas une soudaine valse parisienne. Évoquons à un autre endroit le riff originel d’Highway to Hell (1979) rejoué par une section de cuivres pour ce standard du groupe de hard-rock AC/DC convoquant par ailleurs le duel imaginaire entre un guitariste classique et un maître de la six-cordes free jazz dans un bar enfumé. L’éventail est large dans ce précipité de jeunesse. On se souvient que les comédies cultes The Blues Brothers et Quatre mariages et un enterrement avaient déjà exhumé le classique country Stand by Your Man de Tammy Wynette (1968) dans leurs bandes originales de film. Carla Bruni l’entraîne à son tour dans ses filets. Et si une autre légende du genre Willie Nelson s’est invitée, c’est pour accompagner la douce mélomane sur son titre Crazy (1961), un des premiers tubes à avoir dépassé les frontières de la country il y a plus d’un demi-siècle de cela. Quant à Love Letters, autre classique célébré par une kyrielle d’interprètes, de Ketty Lester (dans la série TV La Petite maison dans la prairie) à Elvis Presley, Carla Bruni n’hésite pas à en faire une samba acoustique au côté de son guitariste Taofik Farah. Pour finir ce tour d’horizon mémoriel, deux chansons immortalisées par deux icônes du septième art : Please Don’t Kiss Me a été interprété en 1947 par Rita Hayworth dans le film La Dame de Shanghaï, d’Orson Welles. Il n’en existait jusqu’alors aucune trace enregistrée sur disque. Pareillement, Moon River, interprétée par Audrey Hepburn dans le film Diamants sur canapé n’a été publié qu’à la mort de l’actrice, après qu’elle se fut longtemps même refusée à la chanter à l’écran, manquant de confiance en sa voix. Et nous voilà soudain saisi comme l’amoureux à la fenêtre, aimanté par cette voix sublimée par la mélodie d’Henri Mancini. Il s’agirait donc parfois d’emprunter une autre langue, étrangère et pourtant familière, pour revenir à soi ?



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